segunda-feira, março 02, 2009

Le chef de l'armée tué à Bissau, tirs et explosions

Origem do documento: www.africatime.com, 02 Mar 2009
(L'Express 02/03/2009)


BISSAU - Des tirs d'armes automatiques et de fortes explosions ont retenti à Bissau quelques heures après la mort du chef de l'armée dans une attaque, rapporte un correspondant de Reuters.

TIRS ET EXPLOSIONS À BISSAU, LE CHEF DE L’ARMÉE TUÉ

Les tirs provenaient apparemment du quartier général de l'armée où le général Batista Tagme Na Wai a trouvé la mort dimanche soir et où au moins cinq autres officiers ont été blessés, selon un témoin.

L'attaque de dimanche a été menée par un groupe qui n'a pas été identifié. Des témoins ont entendu une forte explosion due selon eux à un lance-roquettes RPG.

Des diplomates ont précisé que le général Na Wai se trouvait à l'intérieur du bâtiment quand l'explosion s'est produite.

L'armée a rapidement investi la zone à la recherche des assaillants.

"Nous allons poursuivre les assaillants et nous venger", a dit le porte-parole des forces armées, Samuel Fernandes.

Après l'attaque de dimanche soir, l'armée a ordonné aux journalistes de deux stations de radio privées de la capitale, dont Radio Bombolom, de cesser leurs émissions "pour leur propre sécurité".

La télévision nationale a également cessé d'émettre.

Le général Na Wai avait fait partie de la junte qui avait renversé dans les années 1990 Joao Bernardo "Nino" Vieira, alors dirigeant militaire avant d'être élu président en 2005.

RIVALITÉS

"On m'a confirmé qu'il avait été tué", a déclaré un diplomate.

La Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise située au sud du Sénégal, est régulièrement le théâtre de coups d'Etat et de conflits. Le pays est aussi désigné comme une plaque tournante du trafic de cocaïne de l'Amérique du Sud vers l'Europe.

Début janvier, une grave crise a opposé l'armée à la garde présidentielle Aguentas, une milice de 400 hommes recrutée par le ministre de l'Intérieur après une attaque de soldats dissidents contre la résidence du chef de l'Etat le 23 novembre.

Des membres de la milice avaient alors tiré - sans le toucher - sur le général Na Wai, toujours très critique vis-à-vis du président Joao Bernardo Nino Vieira.

La garde avait expliqué qu'il s'agissait d'un accident et démenti une tentative d'assassinat mais l'armée avait ordonné le démantèlement de la milice.

A la suite du raid, des officiers de l'armée ont ordonné aux deux stations de radio privées de Bissau de cesser leurs émissions et la télévision nationale a interrompu ses retransmissions.

Pour les analystes, l'instabilité politique est exacerbée par les trafiquants de drogue qui tirent avantage de la côte très découpée du pays et de ses aérodromes isolés pour acheminer leurs marchandises par bateau ou par avion.

Ces observateurs jugent que les cartels ont les moyens financiers d'obtenir la coopération de hauts responsables de l'armée ou du gouvernement.

Par Reuters, publié le 02/03/2009 à 07:37
Avec David Lewis à Dakar, version française Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel

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